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Qu'est-ce que la créatinine sanguine et pourquoi réaliser des mesures de créatinine ?

Qu'est-ce que la créatinine sanguine et pourquoi réaliser des mesures de créatinine ?

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Le taux de créatinine fait partie des marqueurs les plus souvent contrôlés lors d'un bilan sanguin, surtout chez les personnes âgées. Produite par les muscles et éliminée par les reins, la créatinine sanguine donne une photographie du fonctionnement rénal à un instant T. Mais encore faut-il savoir lire cette photo... Connaître les valeurs normales de créatinine, décrypter un résultat qui sort des clous, identifier les facteurs influençant la créatinine : autant d'étapes qui comptent vraiment pour garder ses reins en bonne santé, a fortiori quand on avance en âge. On fait le point ici sur les mesures de créatinine, le débit de filtration glomérulaire, la clairance de la créatinine et leur place dans l'évaluation de la fonction rénale.

Qu'est-ce que la créatinine sanguine et pourquoi réaliser des mesures de créatinine ?

La créatinine est un déchet métabolique issu de la dégradation de la créatine, une substance stockée dans les muscles squelettiques qui sert de carburant lors des contractions musculaires. Chaque jour, une quantité à peu près constante de créatinine passe dans le sang, avant d'être filtrée puis évacuée par les reins dans l'urine. C'est justement cette régularité qui en fait un biomarqueur rénal si fiable.

Le rôle de la créatinine dans l'organisme

À vrai dire, la créatinine ne sert à rien dans le corps. C'est un produit final du métabolisme musculaire - un résidu que l'organisme doit simplement évacuer. Quand tout va bien, les reins filtrent cette substance sans difficulté et son taux sanguin reste stable. En revanche, dès que la capacité de filtration rénale fléchit, la créatinine s'accumule dans le sang et son taux grimpe.

Ce mécanisme, assez simple en soi, explique pourquoi le dosage sanguin de la créatinine reste un examen de première intention pour jauger la santé des reins. On le prescrit couramment lors de bilans annuels, dans le suivi des maladies rénales chroniques, ou encore pour vérifier que certains traitements médicamenteux n'abîment pas les reins au passage.

Créatinine sanguine et créatinine urinaire : quelle différence ?

On distingue deux types de mesures de créatinine en pratique médicale :

  • La créatinine sanguine (ou sérique) : une simple prise de sang suffit. Elle reflète la quantité de créatinine qui circule dans le sang à un moment donné. C'est le test le plus couramment demandé.
  • La créatinine urinaire : elle se mesure sur un recueil d'urine de 24 heures (oui, il faut tout garder pendant une journée entière). Elle quantifie la créatinine réellement éliminée par les reins et sert souvent à calculer la clairance de la créatinine.
  • Le rapport albumine/créatinine urinaire : il permet de repérer une atteinte rénale précoce, notamment chez les patients diabétiques ou hypertendus.

Les deux approches se complètent bien. Le test de créatinine sanguin donne un aperçu rapide, alors que le dosage urinaire livre une image plus complète de la capacité d'élimination rénale. Et chez la personne âgée ? La combinaison des deux prend tout son sens, car la masse musculaire fond naturellement avec les années - ce qui peut masquer un début d'insuffisance rénale si on ne regarde que le taux sanguin.

Quand prescrire un dosage de créatinine ?

Plusieurs situations cliniques justifient un dosage de créatinine. Le bilan de routine après 60 ans arrive en tête, suivi du suivi d'une hypertension artérielle, d'un diabète, ou de la surveillance de médicaments potentiellement néphrotoxiques. Votre médecin le prescrira aussi face à des symptômes évoquant une atteinte rénale : fatigue qui traîne, œdèmes aux chevilles, troubles urinaires inhabituels.

Valeurs normales de créatinine : interprétation médicale selon l'âge et le sexe

L'interprétation médicale d'un résultat de créatinine ne se fait jamais dans le vide. Un même chiffre peut être tout à fait normal chez une personne et inquiétant chez une autre. Les valeurs de référence bougent selon le sexe, l'âge, la masse musculaire et la corpulence.

Valeurs de référence chez l'adulte

Les valeurs normales de créatinine sanguine diffèrent entre hommes et femmes, principalement parce que la masse musculaire moyenne n'est pas la même. Voici les fourchettes habituellement retenues par les labos :

PopulationCréatinine sanguine (µmol/L)Créatinine sanguine (mg/L)
Homme adulte62 à 106 µmol/L7 à 12 mg/L
Femme adulte44 à 80 µmol/L5 à 9 mg/L
Personne âgée (> 70 ans)50 à 110 µmol/L6 à 12 mg/L
Enfant25 à 65 µmol/L3 à 7 mg/L

Attention, ces valeurs restent des repères généraux. Chaque laboratoire peut afficher des normes légèrement différentes selon la méthode analytique utilisée. D'ailleurs, les résultats doivent toujours être lus par un professionnel de santé qui prend en compte l'ensemble du tableau clinique.

L'impact de l'âge et du taux de créatinine

Le lien entre âge et taux de créatinine mérite qu'on s'y arrête un moment, surtout quand on accompagne des personnes âgées. Avec le vieillissement, la masse musculaire fond peu à peu (c'est la fameuse sarcopénie). Moins de muscle signifie moins de créatinine produite. En parallèle, la fonction rénale décline elle aussi avec les années.

Et voilà le piège : ces deux phénomènes se compensent. Les reins filtrent moins bien, mais il y a aussi moins de créatinine à filtrer. Résultat ? Le taux sanguin peut rester dans les clous alors que la fonction rénale est déjà bien abîmée. C'est la raison pour laquelle, chez les seniors, la créatinine seule ne suffit pas. Vous devez la compléter par le calcul du débit de filtration glomérulaire estimé, qui intègre l'âge, le sexe et parfois l'ethnie pour donner une estimation bien plus fiable de la fonction rénale réelle.

Variations physiologiques à connaître

Plusieurs facteurs peuvent faire bouger le taux de créatinine sans qu'aucune maladie rénale ne soit en cause. Le lien entre alimentation et créatinine est direct : un bon steak tartare la veille du prélèvement ou des suppléments de créatine peuvent temporairement faire monter le taux. À l'inverse, un régime végétarien strict ou une dénutrition peuvent l'abaisser.

Créatinine et exercice physique vont aussi de pair. Une séance de sport intense dans les heures précédant la prise de sang peut fausser les résultats à la hausse. Quant à la déshydratation, c'est un facteur trompeur fréquent chez les personnes âgées : elle concentre la créatinine dans un volume sanguin réduit, ce qui donne une valeur artificiellement élevée. Boire suffisamment avant le prélèvement et signaler au médecin toute particularité alimentaire ou physique récente - voilà deux précautions simples mais qui changent la donne.

Que signifie un taux de créatinine élevé ou bas ?

Un résultat de taux de créatinine en dehors des valeurs de référence n'est pas un diagnostic en soi. C'est un signal d'alerte, une sonnette que le médecin va utiliser pour orienter ses investigations. Selon que le taux penche vers le haut ou vers le bas, les implications cliniques changent du tout au tout.

Créatinine élevée : les principales significations

Un taux de créatinine au-dessus des normes (on parle d'hypercréatininémie) traduit le plus souvent des reins qui peinent à éliminer ce déchet métabolique. Parmi les causes les plus fréquentes : l'insuffisance rénale aiguë ou chronique, une obstruction des voies urinaires (calculs rénaux, hypertrophie prostatique), ou encore une atteinte rénale liée au diabète ou à l'hypertension.

Mais attention - une créatinine élevée ne veut pas forcément dire que les reins sont malades. Certaines situations tout à fait bénignes expliquent une élévation passagère :

  • Un effort physique intense pratiqué avant le prélèvement sanguin
  • Une alimentation très riche en protéines animales dans les jours précédents
  • La prise de certains médicaments néphrotoxiques ou de compléments de créatine
  • Une déshydratation marquée, fréquente chez les personnes âgées quand il fait très chaud
  • Une masse musculaire naturellement élevée chez les sportifs ou les personnes de forte corpulence

Créatinine basse : un signal à ne pas négliger

On en parle moins, pourtant une créatinine basse mérite une vraie attention chez les personnes âgées. Elle peut refléter une perte importante de masse musculaire liée à la sarcopénie, à une dénutrition, à un alitement prolongé ou à certaines maladies chroniques. Concrètement, quand on voit un taux bas chez un senior, il faut vérifier son état nutritionnel global et chercher des signes de fragilité.

On observe aussi une créatinine basse pendant la grossesse (le volume sanguin augmente et dilue la créatinine), dans certaines pathologies hépatiques sévères, ou chez les personnes suivant un régime très pauvre en protéines. Chez le sujet âgé, le vrai danger ? Ce taux bas masque une insuffisance rénale débutante : la faible production de créatinine compense la baisse de filtration, et le résultat paraît faussement rassurant.

L'importance de l'évolution dans le temps

Un point essentiel à garder en tête : l'évolution du taux de créatinine au fil du temps est souvent plus parlante qu'une valeur isolée. Un taux qui monte doucement sur plusieurs mois, même s'il reste encore techniquement "normal", peut trahir une dégradation rénale en cours. C'est pour ça que les médecins comparent systématiquement le résultat du jour aux dosages précédents - à la recherche d'une tendance à la hausse ou, au contraire, d'une stabilité rassurante.

Infographie

Quels sont les facteurs influençant la créatinine et les causes d'un taux anormal ?

Beaucoup d'éléments peuvent modifier le taux de créatinine : des facteurs physiologiques, des pathologies sous-jacentes, des traitements médicamenteux. Bien cerner ces facteurs influençant la créatinine reste indispensable pour interpréter correctement les résultats.

Causes pathologiques d'une créatinine anormale

Les pathologies rénales arrivent en tête des causes d'élévation durable de la créatinine. Les maladies rénales chroniques, qu'elles soient liées au diabète et à la créatinine élevée chronique, à l'hypertension artérielle, aux glomérulonéphrites ou aux néphropathies héréditaires, détériorent progressivement la capacité de filtration. La créatinine s'accumule dans le sang, lentement mais sûrement.

Les atteintes rénales aiguës, elles, surviennent brutalement : choc septique, hémorragie sévère, intoxication médicamenteuse, obstruction urinaire. Le taux de créatinine flambe en quelques heures ou jours. C'est une urgence qui impose une prise en charge hospitalière rapide.

Certaines pathologies pas directement rénales influent aussi sur le taux. L'insuffisance cardiaque, en réduisant le débit sanguin vers les reins, peut provoquer une élévation secondaire. Des maladies musculaires comme la rhabdomyolyse libèrent massivement de la créatinine dans le sang. Le lien entre atteinte rénale et troubles cognitifs (parfois désigné sous le terme de démence rénale) fait d'ailleurs l'objet de recherches croissantes : les toxines urémiques qui s'accumulent en cas d'insuffisance rénale semblent pouvoir affecter le fonctionnement cérébral.

Le rôle des médicaments et des interactions médicamenteuses

Les médicaments néphrotoxiques représentent une cause fréquente - et souvent sous-estimée - de variation du taux de créatinine, en particulier chez les personnes âgées qui prennent de nombreux traitements. Parmi les molécules les plus concernées : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), certains antibiotiques comme les aminosides, les produits de contraste iodés utilisés en imagerie et des médicaments de chimiothérapie.

Les interactions médicamenteuses aggravent le problème. Associer plusieurs médicaments potentiellement néphrotoxiques multiplie le risque d'atteinte rénale. Prenons un exemple concret : un patient hypertendu âgé qui prend en même temps un AINS, un inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) et un diurétique. Cette combinaison, loin d'être rare en gériatrie, peut déclencher une insuffisance rénale aiguë fonctionnelle. Le médecin traitant doit absolument connaître l'ensemble des traitements en cours, y compris les médicaments achetés sans ordonnance et les compléments alimentaires.

Point subtil à ne pas oublier : certains médicaments modifient le taux de créatinine sans toucher à la fonction rénale elle-même. Le triméthoprime, par ex., bloque la sécrétion tubulaire de créatinine, ce qui fait monter son taux sanguin sans réelle baisse de filtration. Une distinction importante pour éviter des explorations ou des ajustements thérapeutiques inutiles.

Facteurs liés au mode de vie

Au-delà des pathologies et des médicaments, le quotidien influence le taux de créatinine de façon non négligeable. Voici les principaux éléments à avoir en tête :

  • L'alimentation : un régime hyperprotéiné augmente la production de créatinine, tandis qu'un régime pauvre en protéines la diminue. La viande cuite, en particulier, libère de la créatinine préformée qui s'ajoute à celle que le corps produit lui-même.
  • L'hydratation : la déshydratation concentre la créatinine dans le sang. Ce phénomène touche très souvent les personnes âgées, chez qui la sensation de soif s'émousse avec les années.
  • L'activité physique : l'exercice intense accroît temporairement la production de créatinine par les muscles sollicités. Mieux vaut éviter les efforts soutenus dans les 24 h avant un dosage sanguin.
  • La masse musculaire : elle détermine en grande partie le niveau de base de la créatinine. Les personnes très musclées affichent naturellement un taux plus élevé, tandis que les personnes dénutries ou sarcopéniques présentent un taux plus bas.
  • Le tabac et l'alcool : ces substances dégradent la fonction rénale sur le long terme et modifient indirectement le taux de créatinine par leurs effets vasculaires et toxiques.

Symptômes d'insuffisance rénale : quand faut-il s'inquiéter pour son taux de créatinine ?

L'un des pièges de l'insuffisance rénale, c'est qu'elle avance masquée pendant longtemps. Les reins disposent d'une grosse réserve fonctionnelle, si bien que les symptômes d'insuffisance rénale ne se manifestent souvent que lorsque la fonction rénale est déjà amputée de plus de 50 %. D'où l'intérêt du dépistage par les mesures de créatinine : vous pouvez repérer une atteinte bien avant les premiers signes visibles.

Les signes d'alerte rénale à surveiller

Les signes d'alerte rénale sont souvent discrets. Faciles à confondre avec les petits maux du vieillissement. Pourtant, les repérer tôt change la donne. Parmi les signaux qui doivent pousser à consulter : une fatigue inhabituelle qui ne passe pas, des œdèmes aux chevilles, aux pieds ou au visage, un volume d'urine qui diminue ou, au contraire, des envies d'uriner plus fréquentes la nuit.

Des urines mousseuses, troubles ou teintées de sang constituent des signes plus évocateurs d'une atteinte rénale. Nausées, perte d'appétit, goût métallique dans la bouche, haleine qui sent l'ammoniaque... ces symptômes peuvent traduire une accumulation de toxines urémiques liée à une insuffisance rénale avancée. Crampes musculaires, démangeaisons diffuses sur tout le corps et essoufflement inexpliqué complètent le tableau des manifestations possibles.

Quand consulter en urgence ?

Certaines situations ne peuvent pas attendre. Un taux de créatinine qui explose sur un résultat de labo, associé à une chute franche du volume urinaire, des douleurs lombaires intenses ou des œdèmes soudains et importants : vous devez voir un médecin sans tarder. De même, si une personne âgée connue pour ses fragilités rénales présente une confusion mentale ou une somnolence inhabituelle, l'entourage et les soignants doivent réagir vite.

Le diagnostic précoce : un enjeu majeur chez les seniors

Le diagnostic précoce de l'insuffisance rénale passe par un dépistage systématique chez les populations à risque. Qui est concerné ? Les plus de 60 ans, les patients diabétiques, les personnes souffrant d'hypertension artérielle, ceux qui ont des antécédents familiaux de maladie rénale et les patients sous médicaments néphrotoxiques au long cours. Pour tous ces profils, un suivi régulier avec dosage de la créatinine et calcul du débit de filtration glomérulaire s'impose.

En établissement d'hébergement, ce suivi fait partie intégrante du parcours de soins. Le risque de maladie rénale grimpe nettement avec l'âge et la polypathologie. Un dépistage annuel (ou plus fréquent quand des facteurs de risque sont identifiés) permet une prise en charge précoce qui freine la progression de la maladie et protège la qualité de vie du résident.

Clairance de la créatinine, débit de filtration glomérulaire et évaluation de la fonction rénale

Le dosage isolé de la créatinine sanguine a ses limites pour l'évaluation de la fonction rénale. Utile, oui, mais pas suffisant. C'est pourquoi les médecins s'appuient sur des indicateurs calculés : la clairance de la créatinine et le débit de filtration glomérulaire estimé. Ces deux outils donnent une estimation bien plus précise de la capacité réelle des reins à filtrer le sang.

La clairance de la créatinine

La clairance de la créatinine mesure le volume de sang que les reins arrivent à "nettoyer" de la créatinine par unité de temps. On l'exprime en millilitres par minute (mL/min). Historiquement, c'est la formule de Cockcroft et Gault qui servait de référence pour l'estimer. Elle prend en compte l'âge, le poids, le sexe et le taux de créatinine sanguine du patient.

Chez un adulte en bonne santé, la clairance se situe entre 80 et 120 mL/min. En dessous de 60 mL/min, on parle d'insuffisance rénale modérée. En dessous de 15 mL/min ? On bascule dans l'insuffisance rénale sévère, et un traitement de suppléance peut devenir nécessaire.

Le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe)

Aujourd'hui, le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) a largement pris le relais de la clairance de Cockcroft en pratique courante. Calculé grâce à des formules comme CKD-EPI ou MDRD, il donne une estimation plus fiable de la fonction rénale, notamment chez les personnes âgées. Voici les stades de la maladie rénale chronique selon le DFGe :

StadeDFGe (mL/min/1,73 m²)Description
Stade 1≥ 90Fonction rénale normale ou élevée (avec marqueurs d'atteinte rénale)
Stade 260 à 89Insuffisance rénale légère
Stade 3a45 à 59Insuffisance rénale modérée légère
Stade 3b30 à 44Insuffisance rénale modérée sévère
Stade 415 à 29Insuffisance rénale sévère
Stade 5< 15Insuffisance rénale terminale

Bon à savoir : le DFGe est désormais calculé automatiquement et reporté sur les résultats de laboratoire dès qu'un dosage de créatinine est prescrit. Cette automatisation facilite le repérage des insuffisances rénales débutantes qui seraient passées inaperçues avec la seule lecture du taux de créatinine.

Analyses complémentaires pour une évaluation complète

Le dosage de la créatinine et le calcul du DFGe ne sont qu'un point de départ. Quand un résultat anormal tombe, le médecin prescrit généralement des analyses complémentaires pour affiner le diagnostic. L'urémie (taux d'urée dans le sang) renseigne sur l'équilibre entre production et élimination des déchets azotés. Le rapport urée/créatinine aide à distinguer une insuffisance rénale d'une cause pré-rénale comme la déshydratation ou l'insuffisance cardiaque.

La recherche de protéines dans les urines (protéinurie ou albuminurie) permet de repérer une atteinte des glomérules rénaux. L'ionogramme sanguin évalue les répercussions sur l'équilibre électrolytique : potassium, sodium, calcium, phosphore. Une échographie rénale peut aussi être réalisée pour visualiser la taille et la forme des reins et chercher une éventuelle obstruction des voies urinaires.

Prévention et stratégies pour préserver un taux de créatinine normal

Prévenir les maladies rénales et maintenir un taux de créatinine dans les valeurs normales repose sur des mesures concrètes et accessibles. Mises en place assez tôt, elles peuvent considérablement freiner la dégradation de la fonction rénale. Les stratégies de prévention des maladies rénales comptent d'autant plus chez les personnes âgées, dont les reins sont naturellement plus vulnérables.

Adapter son mode de vie pour le bien-être rénal

Le bien-être rénal commence par une hydratation adaptée. Boire régulièrement, en petites quantités, tout au long de la journée : env. 1 à 1,5 litre d'eau par jour (sauf contre-indication médicale). Chez les personnes âgées, la soif diminue avec les années. Un verre d'eau posé bien en vue sur la table, des rappels réguliers par l'entourage - ces petites astuces font vraiment la différence.

L'alimentation joue un rôle central. Un apport protéique modéré et équilibré, qui fait la part belle aux protéines végétales et aux poissons, allège la charge de travail des reins. Limiter le sel aide à contrôler la pression artérielle et à réduire la rétention d'eau. Pour les personnes chez qui on détecte un début d'insuffisance rénale, un suivi diététique personnalisé peut vraiment changer la trajectoire de la maladie.

Bouger régulièrement, de façon adaptée à son état de santé et à ses capacités, contribue au maintien de la masse musculaire, à la régulation de la pression artérielle et au contrôle du poids. Autant de facteurs protecteurs pour les reins. Même une marche quotidienne de vingt minutes ou la gymnastique douce pratiquée en établissement apportent des bénéfices mesurables.

Contrôler les maladies chroniques associées

Le diabète et l'hypertension artérielle sont les deux premières causes de maladie rénale chronique dans le monde. Un contrôle strict de la glycémie et de la pression artérielle constitue donc le socle de la prévention rénale. L'objectif tensionnel chez un patient porteur d'une maladie rénale vise généralement un niveau inférieur à 130/80 mmHg, mais le médecin doit l'adapter chez la personne âgée au cas par cas.

Surveiller régulièrement ces paramètres, associer ce suivi au dosage du taux de créatinine et du DFGe : c'est ce qui permet d'adapter les traitements au fil du temps et d'intervenir vite en cas de dégradation. L'observance thérapeutique (autrement dit, le fait de bien suivre ses prescriptions médicales) reste un facteur déterminant pour éviter la progression vers l'insuffisance rénale terminale.

Traitements en cas d'insuffisance rénale confirmée

Quand le diagnostic d'insuffisance rénale est posé, les traitements pour insuffisance rénale dépendent du stade de la maladie. Aux stades précoces (stades 1 à 3), le traitement repose sur la prise en charge des facteurs de risque, l'adaptation de l'alimentation et une surveillance rapprochée. Des médicaments néphroprotecteurs, comme les inhibiteurs du système rénine-angiotensine, peuvent être prescrits pour ralentir la progression de l'atteinte rénale.

Aux stades avancés (stades 4 et 5), le patient est orienté vers un néphrologue pour préparer, si nécessaire, un traitement de suppléance rénale : dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale) ou, dans certains cas sélectionnés, transplantation rénale. Ces décisions se prennent toujours en concertation avec le patient et son entourage, en tenant compte de l'état de santé global, de l'espérance de vie et de la qualité de vie souhaitée.

L'essentiel à retenir

Le taux de créatinine reste un indicateur de premier plan pour évaluer la santé des reins, en particulier chez les personnes âgées. Son interprétation doit toujours être replacée dans le contexte global du patient (âge, sexe, masse musculaire, traitements en cours) et complétée par le calcul du débit de filtration glomérulaire pour une évaluation fiable de la fonction rénale.

  • Les valeurs normales de créatinine se situent entre 62 et 106 µmol/L chez l'homme et entre 44 et 80 µmol/L chez la femme, mais ces repères doivent être ajustés en fonction de l'âge et de la corpulence.
  • Un taux de créatinine élevé peut signaler une insuffisance rénale, mais aussi résulter de facteurs bénins comme la déshydratation, une alimentation riche en protéines ou l'exercice physique intense.
  • Un taux de créatinine bas chez la personne âgée doit alerter sur une possible perte de masse musculaire ou une dénutrition, et ne doit pas faussement rassurer quant à la fonction rénale.
  • Le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) reste l'indicateur le plus fiable pour évaluer la fonction rénale réelle et classer le stade d'une éventuelle maladie rénale chronique.
  • La prévention repose sur l'hydratation, une alimentation équilibrée, le contrôle du diabète et de l'hypertension, et la vigilance vis-à-vis des médicaments néphrotoxiques.
  • Tout résultat de créatinine anormal ou toute modification inhabituelle justifie une consultation médicale pour des analyses complémentaires et un avis spécialisé.

Un suivi régulier du taux de créatinine et du DFGe, intégré au parcours de soins, reste le meilleur moyen de protéger la fonction rénale et de préserver la qualité de vie sur le long terme. En cas de doute sur un résultat, n'hésitez pas à en discuter avec votre médecin traitant ou le médecin coordonnateur de l'établissement.

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