Changer de regard sur nos aînés

Changer de regard sur nos aînés

Changer de regard sur nos aînés

En plus de facteurs environnementaux et médicaux (tabagisme, attaques cérébrales…), la santé mentale de nos aînés dépendrait aussi de la manière dont la société les perçoit. C’est ce que souligne une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Yale aux États-Unis, qui affirme que plus la communauté renvoie à la personne vieillissante une image positive d’elle-même, plus celle-ci demeure alerte sur le plan intellectuel.

C’est notamment le cas dans les sociétés traditionnelles, qui considèrent l’âge comme un gage de sagesse. A contrario, les cultures associant le vieillissement à un fardeau ou à une perte de valeur sociale, seront plus susceptibles de voir leur population âgée atteinte de dégénérescence mentale. Ce phénomène s’observe tout particulièrement dans les sociétés occidentales qui glorifient la jeunesse et se désintéressent de tout ce qui s’en éloigne.

L’hypothèse des chercheurs de Yale a pris naissance au Japon, où les personnes âgées sont particulièrement valorisées. Ils se sont ainsi demandé si tel était le secret de l’exceptionnelle longévité de la population nippone, qui se place au deuxième rang mondial pour ce qui est de l’espérance de vie.

Afin d’évaluer la viabilité de leur hypothèse, les chercheurs ont débuté leur travail avec un groupe de 4 765 personnes âgées en moyenne de 72 ans. Des prélèvements de salive permettant de détecter la présence d’un gène lié à la démence, ont permis d’isoler 1 250 personnes potentiellement atteintes. C’est cet échantillon qui a été au cœur de l’étude.  

Au cours des quatre années suivantes, les participants ont été interrogés sur la manière dont ils percevaient leur âge ainsi que le fait de vieillir. Ils devaient notamment réagir à des axiomes tel que ‘’Plus je vieillis, plus je me sens utile’’. Les chercheurs ont ainsi évalué que les personnes qui adoptaient l’attitude et l’état d’esprit les plus positifs avaient 2,7 % de risques de développer une démence sénile, tandis que chez celles qui étaient négatives, le risque était de 6,1 % – soit un taux près de trois fois supérieur.

Des chiffres déjà impressionnants, mais qui l’auraient été encore davantage si l’étude s’était poursuivie sur plusieurs décennies, souligne la directrice de recherche, Becca Levy. Celle-ci espère que les résultats de cette étude inciteront les pouvoirs publics à développer des campagnes d’information destinées à lutter contre l’âgisme et à modifier le regard de la société sur les plus âgés.  

Johanna Nguyen

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