Alzheimer: le ‘manger-main’ pour retrouver les plaisirs de l’assiette

Depuis quelques années, un nouveau programme nutritionnel, le manger-main ou le finger-food est développé dans les EHPAD de France. Il permet aux personnes dépendantes de s’alimenter seules et de préserver leur autonomie. Certains résidents atteints des maladies de Parkinson ou d’Alzheimer ne peuvent plus tenir des couverts ou ont oublié l’usage de ces objets.

Ainsi, les repas qui leur sont proposés sont les mêmes que pour les autres résidents mais sont présentés sous différentes formes pour rendre la consommation avec les doigts plus facile. De l’entrée au dessert, tous les aliments sont mixés, puis moulés à l’aide de blancs d’œufs déshydratés et gélifiés avec des algues naturelles. Afin de ne pas perturber les résidents et leur faire perdre tout repère, les formes ne sont pas choisies au hasard : le plat se compose d’une madeleine qui correspond aux protéines, d’un muffin pour les féculents et les légumes sont sous forme de flans.

Une vraie solution pour ces personnes âgées, qui pour la plupart étaient en dénutrition. C’est le cas d’Odette, atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui aujourd’hui a repris du poids depuis la mise en place de ce programme : « Il y a des moments où elle tient moins bien ses couverts, donc je trouvais cela adapté. Je vois qu’elle mange mieux qu’avant… Elle mange au moins un plat en entier, elle se nourrit et si ce n’était pas bon elle ne le mangerait pas, alors je pense que c’est bon ! » raconte sa fille.

Le manger-main est un réel bénéfice thérapeutique pour ces patients atteints d’Alzheimer. Ils retrouvent une autonomie, le plaisir de manger et le contact direct avec la nourriture stimule les sens du toucher et de l’odorat.

Selon Philippe Geiler, le directeur du Domaine de Fontfrède, le manger-main est une vraie révolution pour les résidents : « Ils retrouvent l’appétence, l’envie et le plaisir de manger. Il y a une reprise du goût, donc on s’alimente plus, mieux et on mange de tout ».

L’établissement de Marseille, a été le premier de la région à instaurer ce programme nutritionnel. Depuis, d’autres établissements souhaitent également le mettre en place.

Deborah

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