Gaieté dans les maisons de retraite !

Des maisons de retraite LGBT (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre) ouvrent leurs portes dans plusieurs pays européens. Après l’Espagne et l’Angleterre, c’est au tour de la France d’envisager d’ouvrir un Ehapd pour la communauté LGBT.

Difficile pour certains séniors appartenant au mouvement LGBT de vivre une retraite paisible sans avoir à se cacher. A Madrid, en Espagne, la première maison de retraite publique a ouvert ses portes pour accueillir des séniors LGBT. L’association Fundacion 26 de Diciembre estime à 16 000 le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans, LGBT, à Madrid. Et le constat est clair : les séniors LGBT sont confrontés à la solitude. Cet isolement est un réel problème en Espagne, car beaucoup d’entre eux ont déjà pensé au suicide. Mais il n’y pas qu’en Espagne, que l’on observe ce phénomène social.

Selon le document « Rapport sur le vieillissement des personnes LGBT et des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) » publié en novembre 2013 à la demande de Michèle Delaunay, alors ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie dans le gouvernement Ayrault, la communauté LGBT fait face à de réelles difficultés. Les deux tiers des séniors LGBT vivent seuls et sans enfants. Ils font également face à une rupture sociale ou familiale lorsqu’ils annoncent leur orientation sexuelle. Enfin, les personnes âgées LGBT en maison de retraite vont souvent mentir ou cacher la vérité sur ce sujet encore sensible. Moqueries, discrimination… il est parfois difficile de vieillir LGBT.  C’est la raison principale pour laquelle ces Ehpad ont été créés dans différentes villes. La résidence de 3300 m² est située à Villaverde Alto, quartier de Madrid et a une capacité d’accueil d’environ 100 personnes.

En France, le projet a été lancé par Stéphane Sauvé, ancien directeur d’Ehpad. Il a constaté que de nombreux séniors LGBT décidaient de retourner « dans le placard » de crainte d’être rejeté par les autres résidents : « Ça a également été le cas pour un nouvel arrivant, que je trouvais plutôt bien intégré. Il avait notamment décoré sa chambre avec une photo de son conjoint. L’une de nos aides-soignantes est rentrée de vacances et lui a spontanément demandé qui était l’homme sur la photo. Le pensionnaire s’est alors immédiatement braqué. Il lui a répondu que c’était son cousin. Deux jours après, la photo avait disparue. Le regard des autres pèse énormément, même en EHPAD. »

Le projet d’une Maison de la diversité devrait voir le jour à Lyon très prochainement. L’objectif de ces établissements pour les personnes âgées de plus de 55 ans LGBT, est dans un premier temps de rompre l’isolement des séniors mais aussi de changer le regard de société sur nos aînés.

Deborah

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